~~Souvenir~~

~~Souvenir~~
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Pour ton dernier envol, tu ne t'es pas pourvu
D'atours éblouissants, de lumières brillantes :

C'est de simplicité que tu t'es revêtu,
Du blanc immaculé que tes ailes vivantes
Font vibrer dans les cieux comme un éclair d'argent
Qui file dans le vent en traces impeccables...

On te reconnaissait à ce rugissement,
On te reconnaîtra au calme redoutable
Qui flotte désormais sur le sol gris et froid :
L'empreinte d'un géant dans l'infini gravée
Laisse de son absence à jamais comme un poids
Accablant notre c½ur d'une tristesse ailée...

Ton corps gracile et fin donne cette impression
Que malgré le repos, tu planes sur la Terre,
Comme un engoulevent libre de ses actions
Qui, en dehors du temps, est riche de tout faire.

Pour cet ultime essor,
Nos âmes te rejoignent,
Car encor et encor,
Même si tu t'éloignes,
Les liens restent concis
Tout comme un filigrane...

Nous restons interdits
Quand tu décolles et planes
Majestueusement...

Et j'ai cru voir, volage,
Une larme d'argent
Glisser du fuselage...

-Philippe Espérandieu
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# Posté le jeudi 09 août 2007 10:47

???Pourquoi???

???Pourquoi???
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Je ne t'ai jamais dit, homme de peu de foi,
Que j'étais éternel et surtout infaillible,
Je ne t'ai pas confié que je serai à toi
Jusqu'à ce qu'un beau jour on me prenne pour cible,

Non, ne te méprends pas, n'écoute pas les loups
Qui viennent en rôdant exhumer la tristesse,
Se repaître d'images et de vos regards flous,
Ne prête pas l'oreille aux voix de cette presse...

Homme, ne juge pas ce que tu as aimé,
Ne me rejette pas avec intransigeance
Après m'avoir chéri. Le sort en est jeté :
On n'est dur que pour soi et pour sa propre engeance...

Tu m'as créé, construit, patiemment, sûr de toi.
Tu voulais un vaisseau de si belle importance,
Un jouet merveilleux de technique, et qui soit
L'exemple du pays, l'emblème de la France.

Tu as drapé mon corps de ses plus beaux atours,
Tu m'as donné un nom pour rassembler les hommes.
Ceux que j'ai emmenés s'en souviennent toujours
Et portent dans leur c½ur la marque des surhommes.

Même si quelques fois au gré de mes missions
Tu as dû échanger certains de mes organes,
Modifier dans mon corps différentes fonctions,
Jamais tu n'as subi de ma part une panne,

Jamais je n'ai trahi l'homme et son devenir.
Je savais voler loin, je savais voler vite,
Tu me faisais confiance et tu savais agir
Sur mes muscles d'acier et tout ce qui m'habite.

Tu garderas de moi des souvenirs vibrants
De mon souffle puissant, provocant, qui résonne,
Et tu conserveras cet appel déchirant
Quand j'arrachais du sol mes cent quatre vingt tonnes...

Alors tu pleureras, les yeux levés aux cieux
Car tu ne verras plus la marque du sillage
Que je laissais au vent pour décorer les lieux
Où je passais parfois... Mais le plus grand dommage

Que tu me fais, humain, est d'avoir pris ma main
Que tu lâches aujourd'hui, me laissant au passage
Un goût de métal froid et de regret certain.
Pourtant tu me disais : « tu ne fais pas ton âge !... »

-Philippe Espérandieu,
23 Août 2000
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# Posté le jeudi 09 août 2007 10:51

{Mort L'AVION}

L'avion tombe,
Il va s'écraser,
Tel une bombe,
Avec les passagers,
Il n'y aura aucun survivant,
Tous perdus,
Dans l'océan,
Sans avoir pu,
Dire au revoir,
Si seulement, ils avaient pu prévoir...

-Misstougris, 1980
{Mort L'AVION}
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# Posté le jeudi 09 août 2007 10:53

:)Les avions en papier:)

:)Les avions en papier:)
J'ai fermé les yeux.Le sol s'embrasait de lueurs d'incendies, folles langues à brûler l'horizon .De fugitifs éclairs striaient le ciel dans toutes ses rides et révélaient la fantomatique vérité de l'ailleurs.Eclats à tempête.La chaleur se déversait par grandes marmites, venait s'alourdir sur mes paupières , se liquéfiait en de larges taches blanchâtres.

J'ai fermé les yeux.La boîte à musique de mon crâne versait une mélodie cristalline, une mélodie de débris de miroirs, irradiant ma cervelle et mon imagination d'une fulgurance bleue, infuture.

J'ai fermé les yeux.Mes lèvres mordues signifiaient ma volonté déterminée et la tension cuite qui traversait mes nerfs électriques, tout en les trahissant.
J'avais ramené mes cheveux en arrière.Visage à nu cognant flammes d' acier.Chaleur insoutenable, lancéolée, massive dont le coeur faisait mes joues rougies.

J'ai fermé les yeux.Le poing droit refermé sur mon enfance ballottée en paquets d'aiguilles , endolorie dans son ronronnement filandreux.

J'ai fermé les yeux.J'ai pensé très fort que c'était le bon moment, le-bon-moment.

J'ai fermé les yeux.Et, de toutes mes crispations, de toutes mes forces frémies sur cet âtre impétueux, j'ai lancé dans l'air sec et crépitant, hirondelle ténébreuse, un avion en papier.

Tamsit, 1955

# Posté le jeudi 09 août 2007 10:56

Oo_Le Rêve_oO

La mer Bleue en haut et la mer blanche en bas,
Pour nous qui planons dans le vide : le Nirvana.
Ces éclats de lumière viennent à mon regard,
L'astre solaire brille, mais en bas il s'égare.

L'Azur se confond dans mes yeux bleus assombris
Par ce grand oiseau d'acier qui, en retard, prit
Son envol sous une pluie d'eau salie et finit
Dans son vol, par partir dans les cimes de gris

Toutes ces montagnes blanches passent dans la mer blanche,
Soudain une apparition m'apparut : Des anches.
Une diablesse de l'air vint me réveiller.

"Monsieur réveillez-vous, nous allons; nous cracher!"
Mon cauchemar prit fin grâce à cet ange noir.
Ah, l'azur ! Au revoir ! Cauchemar ! Au revoir!

NoCTaRiS, 1992
Oo_Le Rêve_oO
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# Posté le jeudi 09 août 2007 10:59